
D’une époque pas si lointaine datent quelques vieux clichés qui ont la peau dure : “les vins vieux sont les meilleurs ; je fais de bons vins puisque je les fais comme mon grand-père ; il ne faut pas acheter les mauvaises années”, etc. Qu’en est-il réellement ?
Les vins vieux ne sont pas nécessairement les meilleurs. Le vin est un être vivant qui, comme nous, évolue de l’adolescence à la maturité jusqu’à la sénescence puis la mort.
Certains vins ont une vie courte et demandent à être bus dans leur prime jeunesse. Les Bourgogne Aligoté, les Muscadet, les Beaujolais, par exemple. D’autres, au contraire, ont besoin de “se faire”.
Un grand Bordeaux de deux ou trois ans est dur, très astringent et n’a guère de nez. On dit qu’il est fermé. Certains grands Bourgogne sont très flatteurs dans leurs jeunes années avec en particulier de beaux arômes de fruits rouges. Ils font ensuite une “crise d’adolescence” qui les rend difficiles à goûter. Puis, à l’âge de la maturité, huit à dix ans dans les bonnes années, ils se goûtent bien à nouveau. Les meilleurs d’entre eux seulement atteindront l’âge de la sagesse en gardant bon pied bon œil. Malheureusement lorsqu’on les achète à cet âge-là, leur prix, lui, n’est pas sage. Ils sont devenus des pièces de collection dont le prix n’a guère de rapport avec la qualité.
Nos grands-pères faisaient certainement des vins meilleurs que ceux de leur ancêtres mais moins bons que ceux d’aujourd’hui. Souhaitons qu’il en soit toujours ainsi.
